Coxarthrose,
du diagnostic à la décision

Une douleur dans l'aine qui s'installe, une marche qui se raccourcit, des chaussettes de plus en plus difficiles à enfiler : la coxarthrose, ou arthrose de hanche, progresse souvent à bas bruit. Comprendre ses signes et le moment juste pour agir évite bien des années d'inconfort.

Arthrose de hanche (coxarthrose) — consultation chirurgie de la hanche à l'UOA Bordeaux

À l'Unité Ostéo-Articulaire de la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine, la coxarthrose est l'un des motifs de consultation les plus fréquents en chirurgie de la hanche. Cette arthrose touche environ 10 % de la population après 60 à 65 ans, et son incidence augmente avec le vieillissement. La bonne nouvelle : son diagnostic est simple, et la majorité des patients traversent de longues périodes confortables avant qu'une intervention ne se discute.

Qu'est-ce que la coxarthrose ?

La coxarthrose désigne l'usure du cartilage de la hanche, l'articulation qui unit la tête fémorale au bassin (le cotyle). Ce cartilage, normalement lisse et glissant, s'amincit progressivement. L'os situé en dessous se densifie, des excroissances osseuses (ostéophytes) apparaissent, et l'espace articulaire se réduit. Résultat : des frottements, de la douleur et une perte progressive de mobilité.

On distingue deux grandes situations. La coxarthrose dite primitive, liée à l'âge et à des facteurs constitutionnels, et la coxarthrose secondaire, qui survient sur une hanche prédisposée : conflit fémoro-acétabulaire, séquelle de dysplasie, ancienne fracture ou ostéonécrose. Cette distinction compte, car les formes secondaires touchent parfois des patients plus jeunes.

Les signes qui doivent alerter

1. Une douleur de l'aine, surtout à la marche

C'est le symptôme le plus caractéristique. La douleur de coxarthrose siège typiquement dans le pli de l'aine, parfois en avant de la cuisse, et peut descendre jusqu'au genou. Elle apparaît à la mise en charge — la marche, la station debout prolongée — et se calme au repos, du moins au début.

2. Une raideur et une gêne aux gestes simples

Enfiler ses chaussettes, couper ses ongles de pieds, monter en voiture, croiser les jambes : ces gestes qui sollicitent la rotation de la hanche deviennent difficiles. Cette perte d'amplitude est un marqueur fiable de l'évolution.

3. Un périmètre de marche qui se réduit

Beaucoup de patients décrivent une distance de marche qui diminue mois après mois : d'abord plusieurs kilomètres, puis quelques centaines de mètres avant que la douleur n'oblige à s'arrêter. Ce périmètre est l'un des indicateurs que nous suivons de près en consultation.

4. Une boiterie et une douleur nocturne

À un stade plus avancé, la hanche fait boiter et la douleur peut réveiller la nuit ou gêner certaines positions au lit. C'est souvent à ce moment que le retentissement sur la qualité de vie devient déterminant dans la décision.

Comment se pose le diagnostic ?

Le diagnostic de coxarthrose est avant tout clinique et radiologique. L'examen en consultation évalue les amplitudes de la hanche, recherche les mouvements douloureux et écarte les autres causes (rachis lombaire, tendinopathie du moyen fessier, douleur projetée). Puis l'imagerie confirme :

  1. Radiographie du bassin et de la hanche : c'est l'examen de référence. Elle montre le pincement de l'interligne, les ostéophytes et la condensation osseuse. Elle suffit dans la grande majorité des cas.
  2. IRM : réservée aux doutes diagnostiques, notamment pour rechercher une ostéonécrose débutante invisible sur la radio.
  3. Scanner : utile pour préciser l'anatomie osseuse avant une intervention, en particulier sur les hanches déformées.

Il n'est pas nécessaire d'arriver avec un bilan complet à la première consultation : l'examen clinique oriente, et nous prescrivons les imageries utiles au cas par cas.

Le traitement médical : la première étape, toujours

Une coxarthrose ne conduit pas systématiquement au bloc opératoire. À l'UOA Bordeaux Nord, nous privilégions d'abord le traitement médical, qui permet à de nombreux patients de rester confortables plusieurs années :

Ces mesures ne réparent pas le cartilage usé, mais elles peuvent stabiliser la situation et repousser, parfois longtemps, le moment d'une chirurgie.

Quand envisager une prothèse de hanche ?

La règle est simple : on n'opère pas une radiographie, on traite un patient gêné. La décision repose sur le retentissement quotidien, davantage que sur l'aspect des images. Les principaux critères que nous discutons ensemble :

Quand ces conditions sont réunies, la prothèse totale de hanche est l'une des interventions les plus fiables de la chirurgie orthopédique. Environ 90 % des prothèses sont toujours fonctionnelles à 15 ans, et beaucoup dépassent 20 à 25 ans. L'intervention remplace la tête fémorale et le cotyle usés par des implants ; elle se réalise le plus souvent en hospitalisation courte au Centre CAPNOVA de la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine.

La récupération est aujourd'hui rapide : la marche avec appui reprend dès le lendemain, les cannes sont abandonnées en 3 à 6 semaines, la conduite reprise vers 4 à 6 semaines, pour une récupération globale en 3 mois environ. Le choix de la voie d'abord (antérieure ou postérieure) et du type d'implant est personnalisé selon votre anatomie et votre mode de vie.

Ce qu'il faut retenir

N° 03
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