Les infiltrations,
ce qu'il faut savoir

Cortisone, acide hyaluronique, PRP : les infiltrations font partie des outils les plus utilisés en rhumatologie et en médecine du sport. Mal connues du grand public, parfois redoutées, elles sont pourtant l'étape qui permet souvent d'éviter ou de retarder une chirurgie.

Infiltration articulaire — médecine ostéo-articulaire à l'UOA Bordeaux

Une infiltration, c'est l'injection d'un médicament directement dans une articulation, une gaine tendineuse ou autour d'un nerf. À l'Unité Ostéo-Articulaire de Bordeaux, c'est l'un des gestes les plus pratiqués — en consultation ou guidé par imagerie. Bien indiquées, les infiltrations apportent un soulagement précieux, souvent durable. Mal indiquées, elles sont inutiles. Le tout est de comprendre ce qu'elles peuvent — et ne peuvent pas — faire.

Pourquoi une infiltration plutôt qu'un comprimé ?

Le principe est simple : amener le médicament directement là où il doit agir, en court-circuitant le passage par le sang. Bénéfices :

Ce raisonnement vaut pour l'arthrose, les tendinites, certaines névralgies, le canal carpien à son début, les bursites… Bref, beaucoup de situations où l'inflammation est localisée.

Les trois grands types d'infiltrations

1. La cortisone (corticoïdes)

C'est l'infiltration la plus connue, et la plus utilisée. Les corticoïdes injectés ont un effet anti-inflammatoire puissant et rapide — souvent quelques jours, parfois quelques heures. Indications principales :

La durée de l'effet varie de quelques semaines à plusieurs mois. Limite importante : on évite de dépasser 3 à 4 infiltrations par an dans la même articulation. Au-delà, les corticoïdes peuvent fragiliser les tendons et accélérer l'usure du cartilage.

2. L'acide hyaluronique (viscosupplémentation)

L'acide hyaluronique est un composant naturel du liquide synovial — le « lubrifiant » des articulations. Dans une articulation arthrosique, ce liquide perd ses propriétés. L'injection d'acide hyaluronique vise à restaurer la lubrification et à diminuer la douleur.

Indications principales :

Particularités :

3. Le PRP — plasma riche en plaquettes

Le PRP est obtenu en prélevant un peu de sang du patient, en le centrifugeant pour isoler les plaquettes (riches en facteurs de croissance), puis en injectant ce concentré dans la zone à traiter. L'objectif : stimuler une régénération tissulaire locale.

Indications avec un bon niveau de preuve :

Indications discutées : tendinopathie de la coiffe des rotateurs, fasciite plantaire, arthrose de hanche.

Particularités :

Comment se passe une infiltration en pratique ?

Le geste lui-même dure quelques minutes :

  1. Désinfection rigoureuse de la peau.
  2. Repérage clinique ou par imagerie (échographie pour la plupart des articulations, radioscopie pour le rachis).
  3. Injection avec une aiguille fine. La douleur est en général comparable à une prise de sang.
  4. Pansement simple, immobilisation non nécessaire dans la plupart des cas.

Après l'infiltration :

Le patient repart à son domicile dans la foulée. La reprise du travail est généralement immédiate ou le lendemain.

Quand l'infiltration est-elle vraiment utile ?

L'infiltration ne se justifie que si elle entre dans une stratégie thérapeutique globale. Quelques situations typiques :

À l'inverse, certaines situations ne relèvent pas d'une infiltration : tendon rompu, méniscale déplacée, fracture, infection. C'est tout l'intérêt d'un avis spécialisé avant de programmer le geste.

Effets secondaires : que faut-il craindre ?

Les infiltrations sont des gestes sûrs entre les mains expertes. Les complications restent rares :

Ce qu'il faut retenir

N° 03
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